Corona-krach : analyse et mon bilan à mi 2020

Quand j’ai créé ce blog en 2019, j’avais envie de partager ma manière d’investir en bourse. Mais je voulais également pouvoir formaliser mes analyses, mon état d’esprit et mes prises de décisions. Le but ultime étant de comprendre pourquoi je performe (ou non) en bourse, et comment améliorer mes résultats.

Je suis persuadé que si on veut améliorer ses résultats en bourse, il est primordial de faire cet exercice.

Dans cet article, nous allons donc débriefer de manière objective ce premier semestre, totalement dingue sur les marchés. Comment suis-je intervenu sur les marchés, comment j’aurais dû intervenir, les points forts et surtout les axes d’amélioration.

Des alertes avant le corona-krach

Le coronavirus (Covid-19) a mis le monde dans une situation inédite. Ce virus a contraint les gouvernements à fermer leurs frontières (même au sein de l’Union Européenne) et à mettre sous cloche leurs économies (confinement total).

Mais avant que ce virus ne contamine la terre entière, revenons sur le contexte.

L’euphorie haussière

En 2019, le S&P 500 a gagné plus de 25% et le Nasdaq 100 est en hausse de 30% ! De mon coté, j’ai également passé une année 2019 très confortable puisque la valeur de mon PEA était en hausse de 50% et mon compte CFD avait doublé.

Et cette hausse des marchés se poursuivait début 2020. À la mi février, mon PEA affichait un gain d’environ 20% (depuis le 01/01/2019). J’étais porté par un sentiment l’euphorie mais je n’étais pas le seul dans cette situation.

EPCR au 07/02/2020

L’Equity Put Call ratio affichait des excès d’optimismes. Tout le monde sait que le marché corrige les excès avec violence, mais encore faut-il l’écouter.

Un début de distribution

À la mi février, je remarque dans mon analyse hebdomadaire un début de divergence de l’A/D Line. En effet, la ligne des avancées/déclins atteint son sommet à la mi janvier tandis que le Dow Jones atteint son sommet à la mi février.

A/D Line au 14/02/2020

Cette divergence de l’A/D Line est un signal de distribution des grosses mains vers les petites mains. Et je note dans mon analyse :

Bref, cette divergence est à surveiller (comme toujours) mais il n’y a pas de raison de s’inquiéter à moyen/long terme. Dans ces conditions, toute correction des indices est une opportunité de renforcer ses positions acheteuses à long terme.

Alexandre, BlogBourse.net

En effet, historiquement, il faut que cette phase de distribution dure suffisamment longtemps (4-5 mois minimum) pour que les gros investisseurs sortent, avant l’explosion finale.

Un biais de normalité

Pendant cette période, je vivais dans une bulle (comme presque tous les investisseurs). Qui aurait pu imaginer que le coronavirus se propage aussi rapidement au reste du monde ? Qui aurait pu imaginer que la plupart des pays ferment leurs frontières ? Que les gouvernements sacrifient l’économie ?

Beaucoup de médias ont tenté de rassurer les populations. Je me souviens de cette émission spéciale coronavirus avec Michel Cymes sur France 2. Ou cette interview de Didier Raoult qui dit que le Coronavirus fera moins de mort que les accidents de trottinette.

À ce moment, je m’attends à correction des marchés mais certainement pas, à ce que l’on va connaître quelques semaines plus tard.

La violence du corona-krach

L’effondrement des marchés

Le corona-krach va débuter très exactement le 24 février. Cette semaine noire sur les marchés verra le S&P 500 baisser de 10% mais cela reste cohérent avec mes précédentes analyses. Dans l’édito de cette semaine, je passe en revue les indicateurs économiques US qui sont bons. Et je finis par conclure :

Vous l’aurez compris, je reste acheteur sur les marchés. À long terme et sans trop de levier, cette situation constitue pour moi une formidable période de solde. Toutes les actions sont en promotion. Je vais donc continuer mes achats réguliers si les marchés décident d’aller un peu plus bas.

Alexandre, BlogBourse.net
S&P 500

Mais le marché va décider d’aller beaucoup plus bas. Le S&P 500 va perdre en ligne droite 1150 points, soit presque 35% de sa valeur en quatre semaines. De mémoire de spéculateur, c’est le krach le plus rapide de l’historique. Bien plus violent que 1987 !

Panique générale sur les marchés

C’est à ce moment, que je fais ma plus grosse erreur d’investisseur. La situation est inédite, jamais l’économie mondiale n’avait été mise à l’arrêt aussi brutalement et fortement (même en temps de guerre). Je suis confiné dans mon appartement et au chômage technique (quelques jours en attendant que ma boite me fournisse les accès VPN).

Quasiment au plus bas de la correction, je n’entrevois aucun signe d’amélioration, que ça soit sur le plan technique, économique ou même sanitaire. Le Vix retrouve les niveaux de la crise des subprimes, signe qu’une grande panique en bourse.

Dans la foulée, je décide de réduire la voilure et je vends une partie significative de mes ETF (notamment le LQQ). Bien évidement, je réalise cette vente au plus mauvais moment, puisque je vends le 16 mars.

En réduisant la voilure, je pensais être débarrassé d’un poids (psychologique) mais, je me suis tout de suite demandé : ai-je bien fait de vendre maintenant ?

Les premiers signaux de retournement

En effet, le premier signal de retournement haussier viendra une semaine plus tard. Le S&P 500 va réaliser un nouveau point bas le lundi 23 mars, non confirmé par le Vix. Cette divergence est le signe que les marchés ont atteint un point bas (ou sont proches de l’atteindre).

Divergence haussière du Vix

J’avais d’ailleurs mentionné ce point dans mon édito du 27 mars.

Par ailleurs, le Vix a refusé de faire un nouveau plus haut lundi, alors que le S&P 500 s’écroulait. […] Ce genre de divergence a souvent été le signe d’un point bas.

Alexandre, BlogBourse.net

En consultant mes avis d’opérés, je constate que j’ai commencé à racheter ma position dès le 25 mars (9 jours après l’avoir vendu). Bien évidement, je rachète ma position 10% plus chère que je ne l’ai vendue… sinon ça ne serait pas drôle.

Ce 16 mars, j’aurai mieux fait de prendre ma bagnole pour aller me confiner en province plutôt que de rester à Paris, et de paniquer…

Les enseignements à tirer du corona-krach

Si je devais noter le bon point, je dirai:

  • anticipation d’une correction (divergence de l’A/D Line),
  • timing du point bas (divergence du Vix).

Et dans les mauvais points:

  • pris dans l’euphorie de la hausse 2019 et début 2020,
  • achat trop rapide pendant la baisse,
  • non respect de la stratégie (vente de ma position).

Avec du recul, aurais-je vendu mes positions sur PEA suite à ce début de divergence (mi février) ? Si je veux être honnête avec moi même, non, il n’y avait aucune raison de vendre mes positions long termes.

Cependant, j’aurai pu couvrir ces positions avec des options. En effet, la volatilité était très faible (Vix inférieur à 15), par conséquent le coût des options était faible. Ainsi, il aurait été judicieux d’acheter des puts (via un compte titres).

Pour aller dans ce sens, j’ai travaillé sur un méta-indicateur que j’appelle Fear Trader Index. Cet indicateur (borné de 0 à 100) me permet de mesurer l’état psychologique des gros investisseurs. Je ne vais pas rentrer dans le détail de son fonctionnement, mais via cet indicateur je vais monitorer la volatilité, les volumes de transaction, le sentiment de marché, etc.

En backtestant cet indicateur, je constate qu’il a franchit le seuil des 50%, le jeudi 20 février. Et qu’il continue de grimper le vendredi 21 février. Par ailleurs, une analyse des krachs/corrections antérieurs (2010, 2011, 2015 et 2018) montre que cet indicateur fournit un excellent timing pour couvrir le portefeuille, lorsqu’il est couplé à l’A/D line.

J’ai donc intégré cet indicateur à mon Weight of the Evidence, cher à Stan Weinstein. Dorénavant, je publie cet indicateur dans chacune de mes analyses hebdos, n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter pour être averti des mises à jour.

Performance du portefeuille à juin 2020

Maintenant, il est l’heure de relevé les compteurs !

Au 30 juin, la performance de mon PEA (portefeuille long terme) est de +7%, tandis que le S&P500 est en baisse de 4,5% sur l’année. Si je n’avais pas vendu, ma performance au 30 juin aurait été d’environ 16%.

Dans cet article, je n’ai pas parlé de mon compte CFD. Dont la taille est ridicule comparée au PEA. Cependant ce compte affiche une performance (avant impôts) de 24%. J’ai profité de la baisse des marchés, pour acheter agressivement des supports graphiques (6 transactions).

Bref à défaut d’être très rentable, ce premier semestre 2020 aura été extrêmement formateur. Et comme dirait Nietzsche: ce qui ne me tue pas me rend plus fort.

Et vous, comment avez vous traversé le corona krach ? Avez-vous profité des soldes pour acheter des actions à vil prix ? Avez-vous paniqué pendant la chute ?

2 commentaires
  1. Chap8
    Chap8
    22 juillet 2020 à 10 h 24 min

    Bonjour,
    Toujours très intéressant vos articles 🙂
    Je suis complètement d’accord avec le côté formateur de la période passée / en cours.
    Ayant commencé à vraiment investir mi janvier, j’étais faiblement exposé. Par manque d’expérience j’ai plutôt passé des swing sans levier, donc faible DD mais au final +6% de capital net d’impôts.
    Merci pour vos articles 🙂

    Répondre
    • Alexandre
      Alexandre • Auteur de l'article •
      22 juillet 2020 à 13 h 42 min

      Bonjour Chap8,

      Merci pour ton commentaire et félicitations pour tes plus values !

      Alexandre

      Répondre
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